Il y a 75 ans… la Bombe

Il y a tout juste 75 ans, le 6 août 1945 au matin, la ville japonaise d’Hiroshima était totalement détruite en quelques secondes par une bombe atomique, larguée depuis le ciel par un avion B-29 américain. Plus de 70 000 personnes mourraient instantanément, en grande majorité des civils, tandis que des dizaines de milliers d’autres allaient succomber dans les heures, jours et mois suivants des suites des brûlures et radiations causées par « little boy », le surnom donné à la bombe. Trois jours plus tard, le 9 août 1945, c’est la ville de Nagasaki qui subissait le même sort, marquant certes la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais surtout l’entrée de l’humanité dans une nouvelle ère, celle de la possibilité de sa propre annihilation, et avec elle, de l’ensemble de la vie sur Terre.

Mais quelle est la véritable histoire de la bombe atomique ? Comment les Etats-Unis ont-ils pu décider sciemment d’en faire exploser deux qui ont rayé de la carte quasi instantanément deux villes et l’ensemble de leurs habitants, femmes et enfants compris? Qui sont les scientifiques, les politiques, les militaires à l’origine de cette course à l’atome, qui a fait avancer la science à pas de géant tout en créant une terrible menace pour l’ensemble du vivant, dont le monde est bien loin d’être libéré 75 ans plus tard?

Dans cette bande dessinée qui est bien plus qu’une simple BD, plutôt une incroyable enquête sous forme de roman graphique, les trois auteurs Denis Rodier, Alcante et Laurent-Frédéric Bollée nous plongent avec une extrême intensité dans la genèse et le développement du programme nucléaire mondial et son lot de rivalités, de bassesses mais également d’héroïsme, avec des personnages extraordinaires comme Leó Szilárd, physicien hongro-américain, qui n’aura de cesse de s’opposer à l’utilisation de la bombe après en avoir permis la création en ayant découvert la réaction en chaîne.

Une histoire passionnante, une histoire vraie, une histoire glaçante, une histoire très masculine également, à voir évoluer tous ces mâles, scientifiques, ingénieurs, militaires, industriels, semblant plus motivés pour être premier dans la course à l’acquisition de la bombe atomique plutôt que d’oeuvrer à la fin de la guerre.

Un ouvrage foisonnant de 450 pages à ne pas manquer et à bien mettre en évidence dans sa bibliothèque, pour que personne n’oublie non seulement l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki, mais surtout le fait qu’aujourd’hui encore, 75 années après, les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent encore ensemble près de 14 000 armes nucléaires, de quoi détruire des milliers de fois l’ensemble de la planète et du vivant. Sans oublier les risques dûs au nucléaire civil, ses milliers de tonnes de déchets ingérables et ses installations toujours plus onéreuses et périlleuses.

Le nucléaire, une épée de Damoclès bien trop grande pour l’espèce humaine…

La bombe, Alcante/Bollée/Rodier, éd. Glénat, février 2020.

Publié par Benjamin Joyeux

Journaliste indépendant

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